Préparer sa saison de ski à Serre Chevalier, ce n’est pas juste farfouiller dans le garage début décembre pour retrouver les chaussures et espérer que les cuisses suivent. Si vous voulez vraiment profiter du domaine – des longues rouges de Chantemerle aux hors-pistes plus engagés au-dessus de Monêtier – un minimum d’anticipation change tout : moins de fatigue, plus de plaisir, et souvent… moins de dépenses.
Quand commencer à se préparer pour Serre Chevalier ?
Si vous visez une première venue en décembre ou début janvier, l’idéal est de commencer à vous préparer :
- sur le plan physique : 6 à 8 semaines avant
- sur le plan matériel : 1 mois avant
- sur le plan pratique (forfaits, hébergement, cours) : dès que les offres early booking sortent, souvent à l’automne
Évidemment, on ne vit pas tous avec un planning d’athlète. Mais même en commençant 3 à 4 semaines avant votre séjour à Serre Che, vous verrez une vraie différence dans les jambes… surtout si vous enchaînez les descentes de la Cucumelle, de l’Échaillon ou du Prorel.
Préparation physique : objectif cuisses en feu (mais pas cramées)
L’idée n’est pas de vous transformer en compétiteur, mais d’arriver sur place avec assez de caisse pour profiter de la journée sans finir à 14h en terrasse, perclus de crampes. Concrètement, on vise trois axes : cardio, renforcement des jambes et gainage.
Pour le cardio (2 à 3 séances par semaine) :
- Si vous courez déjà : 30 à 45 minutes en footing, avec 5 à 8 accélérations de 30 secondes en côte (type montée de parc ou escalier), récupération en redescendant.
- Si vous ne courez pas : vélo, rameur ou marche rapide en côte. L’objectif, c’est d’habituer le cœur à monter un peu dans les tours, comme sur un long mur en neige dure sous les télésièges Casse du Bœuf ou Forêt.
Pour les jambes (2 fois par semaine) : pas besoin de salle de sport, un peu de place au sol suffit.
- Squats : 3 x 15 répétitions, en prenant le temps de bien descendre, dos droit.
- Fentes avant : 3 x 10 par jambe, en gardant le genou bien aligné.
- Chaise contre un mur : 3 x 30 à 45 secondes, comme si vous étiez assis sur un télésiège invisible.
Adaptez les volumes : si vous débutez, commencez par 2 x 10 et 20 secondes de chaise, et montez progressivement. L’essentiel, c’est la régularité.
Pour le gainage (2 à 3 fois par semaine, 10 minutes max) :
- Planche sur les avant-bras : 3 x 20 à 40 secondes.
- Planche latérale : 2 x 20 secondes de chaque côté.
- Petit plus : quelques crunchs ou relevés de buste pour stabiliser le haut du corps.
Ce travail de gainage vous évitera de « casser » la position au bout de trois virages sur les pistes un peu bosselées de la Vauban (côté Briançon) ou sur la Luc Alphand (Chantemerle).
Adapter sa préparation à son niveau et à son programme à Serre Chevalier
Pas besoin du même entraînement si vous venez skier trois jours en famille à Villeneuve ou si vous prévoyez une semaine avec hors-piste encadré au-dessus du col de l’Eychauda.
Pour un séjour famille / reprise tranquille :
- Priorité : endurance douce et un peu de renforcement des jambes.
- En pratique : des balades rapides, vélo ou natation 2 fois par semaine, plus 2 petites séances de squats/fentes/chaise.
- Objectif : arriver à enchaîner une journée sur les bleues des secteurs Aravet / Fréjus sans êtres rincés à midi.
Pour un séjour « rails toute la journée » entre amis :
- Ajoutez une séance de cardio plus intense (fractionné ou côtes).
- Augmentez progressivement le temps en « chaise » et le volume de squats.
- En pratique : vous visez une journée complète du premier œuf au dernier retour station, avec les longues rouges comme l’Olympique (Prorel) ou la Cucumelle.
Pour un séjour freeride ou ski de randonnée :
- Mettre l’accent sur le cardio long (randonnée, vélo, course à pied 1h ou plus).
- Renforcement du dos et des lombaires (supermans, extensions, gainage dorsal).
- Si possible, quelques sorties rando avant de venir, même sans skis, pour habituer le corps aux efforts en montée.
Le matériel : ce qu’il faut vraiment vérifier avant de monter à Serre Chevalier
Le nombre de personnes qui découvrent à la première descente que leurs chaussures les écrasent ou que les fixations datent de la préhistoire est impressionnant. Un point matériel une à deux semaines avant le départ vous évitera d’y laisser une demi-journée chez le loueur.
Les skis :
- Regardez l’état des carres : si elles sont toutes blanches ou très arrondies, un affûtage s’impose, surtout si vous venez en début de saison où la neige peut être dure.
- Vérifiez la semelle : trous, rayures profondes… un fartage + réparation, c’est un bon investissement avant d’attaquer les descentes longues type Prorel > Briançon.
- Pour un séjour d’une semaine, un fartage avant de partir est largement rentable.
Les chaussures :
- Essayez-les le soir chez vous, avec vos chaussettes de ski.
- Marchez 10 minutes, fléchissez les genoux comme si vous étiez en appui languette.
- Si vous avez mal à un endroit précis dès la maison, vous aurez très mal sur la piste. Dans ce cas, passage chez un bootfitter conseillé en station (les magasins à Chantemerle et Villeneuve sont bien équipés pour ça).
Les fixations :
- Sur du matériel perso, vérifiez les vis, l’état général, et faites régler la DIN par un professionnel si vous avez changé de niveau, de poids ou si ça fait plusieurs années qu’elles ne sont pas passées en atelier.
- Ne jouez pas à régler vous-même si vous n’êtes pas sûr : un déchaussage intempestif sur une rouge un peu chargée, ce n’est pas amusant.
Casque, lunettes, dorsale :
- Casque : s’il a pris un gros choc ou a plus de 5 à 7 ans, réfléchissez sérieusement à le changer.
- Masque : idéalement deux écrans ou un écran polyvalent, les lumières à Serre Chevalier peuvent changer vite entre sous-bois, haut du domaine et retours stations.
- Dorsale : utile pour les amateurs de vitesse, de parc ou de hors-piste, surtout autour de la Balme ou dans les combes au-dessus de Monêtier.
Location ou achat : que privilégier pour Serre Chevalier ?
Si vous venez une semaine par an, la location reste souvent la meilleure option. Serre Chevalier est bien équipée en magasins de location, avec plusieurs gammes selon votre niveau.
Location : les avantages concrets :
- Matériel plus récent, affûté et farté.
- Possibilité de changer de gamme en cours de semaine si vous progressez plus vite que prévu.
- Adapté aux familles : les enfants grandissent, inutile de racheter des skis chaque année.
Prévoyez toutefois :
- Réservation en ligne avant votre venue : tarifs souvent plus intéressants, surtout hors vacances.
- Récupération du matériel la veille au soir si possible, pour éviter de perdre une heure le premier matin.
Achat : logique si :
- Vous skiez plusieurs semaines par an.
- Vous avez un style bien précis (freeride, piste engagée) et un niveau déjà solide.
- Vous venez régulièrement à Serre Chevalier et commencez à connaître vos secteurs favoris.
Les vêtements : s’équiper pour les conditions réelles de Serre Chevalier
À Serre Chevalier, on peut passer d’un grand ciel bleu plutôt sec à une journée humide avec vent sur les crêtes. L’idée est de fonctionner en couches et d’éviter le coton.
Base :
- Sous-vêtements techniques (haut + bas) respirants, adaptés aux températures négatives.
- Évitez le tee-shirt en coton sous la doudoune, c’est la garantie de finir trempé.
Couche intermédiaire :
- Polaire ou petit duvet pour les journées froides.
- Rien ou un simple sweat technique pour les journées douces de mars, surtout si vous restez sur les secteurs ensoleillés (Vallon de la Cucumelle par exemple).
Couche extérieure :
- Veste imperméable et respirante.
- Pantalon avec guêtres intégrées et renforts bas de jambes (les carres sont rarement tendres).
N’oubliez pas :
- Deux paires de gants (une de secours si la première est trempée).
- Tour de cou ou buff (utile dans les remontées exposées type Cibouit ou Yret).
- Crème solaire et stick lèvres : le soleil tape fort, même en plein hiver.
Anticiper les aspects pratiques : forfaits, hébergement, horaires malin
Une bonne préparation, ce n’est pas que les jambes et les skis, c’est aussi l’organisation sur place. Serre Chevalier s’étend sur plusieurs villages (Briançon, Chantemerle, Villeneuve, Monêtier), chacun avec ses avantages.
Choisir son « camp de base » :
- Briançon : pratique si vous arrivez en train, ambiance ville, accès direct au Prorel. Bien pour ceux qui veulent mixer ski et visites (Cité Vauban, spas, etc.).
- Chantemerle : central, pratique pour rayonner sur tout le domaine. Bon choix pour un premier séjour ski intensif.
- Villeneuve : accès facile à de très belles pistes variées, bon compromis familles / groupes d’amis.
- Monêtier-les-Bains : plus calme, parfait pour ceux qui aiment le côté montagne et les bains chauds après-ski.
Forfaits :
- Regardez les offres en ligne avant de venir : certaines périodes hors vacances scolaires bénéficient de tarifs réduits ou d’offres spéciales.
- Si vous skiez 6 jours ou plus, le forfait semaine est rapidement le plus rentable.
- Pensez aux forfaits débutants si vous restez sur les secteurs faciles ou aux mini domaines pour une première journée de reprise.
Horaires malin pour les remontées :
- En haute saison, visez le départ des remontées entre 8h45 et 9h15 selon le secteur pour éviter les files au premier œuf.
- Pause déjeuner tôt (11h30 – 12h15) ou tard (13h30 – 14h30) pour éviter l’affluence dans les restaurants d’altitude.
- Les retours stations en fin de journée (surtout vers Chantemerle et Villeneuve) peuvent être chargés : anticipez si vous skiez avec des enfants fatigués.
Astuce terrain : planifier ses premières journées de ski
Pour une semaine classique à Serre Chevalier, voici un déroulé réaliste pour éviter de se cramer dès le début :
- Jour 1 : pistes bleues et quelques rouges douces, repérage du secteur proche de votre hébergement. Objectif : réveiller les jambes sans jouer les héros.
- Jour 2 : enchaînez davantage, testez une longue descente (Prorel > Briançon ou Cucumelle > Fréjus). Finissez un peu plus tôt si les cuisses protestent.
- Jour 3 : si tout va bien, explorez un autre secteur (montez côté Monêtier, par exemple), mais gardez une marge. Eventuelle pause plus longue le midi.
- Jour 4 : c’est souvent la journée où la fatigue commence à se faire sentir. Idéal pour une demi-journée, un passage aux bains de Monêtier ou une balade piéton.
- Jours 5-6 : profitez de votre meilleure forme technique, en essayant de nouvelles pistes ou un encadrement hors-piste avec un guide si c’est dans vos projets.
Cette progression simple évite l’erreur classique : la grosse journée dès le premier jour, suivie de deux jours à coups de doliprane.
Petites vérifications de dernière minute avant de partir
La veille du départ, une check-list rapide vous évitera d’acheter en station ce que vous possédez déjà chez vous.
- Forfaits imprimés ou QR codes chargés dans votre téléphone si achat en ligne.
- Gants, bonnet ou casque, masque, lunettes de soleil.
- Crème solaire, stick lèvres.
- Chaussettes de ski (au moins 2 à 3 paires).
- Pharmacie de base : pansements, anti-douleurs, bande élastique, éventuellement arnica.
- Petits encas pour la journée (fruits secs, barres), surtout si vous skiez avec des enfants.
Ajoutez un sac à dos léger si vous comptez bouger entre secteurs ou garder une couche en plus / une bouteille d’eau.
Et la sécurité sur les pistes et en dehors ?
À force d’anticiper l’entraînement et le matos, on oublie parfois l’essentiel : rester entier. Sur piste comme en hors-piste, quelques points méritent d’être préparés à l’avance.
Sur les pistes :
- Adaptez la vitesse à la fréquentation. Les retours stations en fin de journée sont les zones les plus accidentogènes.
- Commencez par des pistes faciles pour jauger votre niveau réel après des mois sans skier.
- N’hésitez pas à prendre 2 ou 3 heures de cours au début du séjour : ça corrige vite les petits défauts qui fatiguent inutilement.
Hors-piste et rando :
- Ne partez jamais sans DVA, pelle, sonde, et sans savoir vous en servir.
- Vérifiez le bulletin d’avalanche avant chaque journée.
- Pour une première visite, passer par un guide ou une école de ski pour les itinéraires hors-piste autour de l’Eychauda, de la Montagnole ou de la Balme est franchement recommandé.
Bien préparée, une saison à Serre Chevalier, ce n’est pas seulement plus de plaisir sur les skis. C’est aussi plus de marges : pour improviser, pour découvrir de nouveaux secteurs, ou simplement pour savourer une fin de journée en terrasse sans se demander comment on va s’extirper des chaussures.
